Stiopa Mikhaïlov avait mûri l’idée de conclure un pacte avec le sept au moment où il avait commencé à lire et à réfléchir à la différence entre les sexes. Les premières formes de cette alliance étaient primitives. Stiopa dessinait des sept de différentes formes convenant à des situations particulières. Ainsi, un grand sept sur une feuille entière était censé le protéger des garçons plus âgés et plus forts que lui. Quatre sept aux extrémités en pointe, disposés aux quatre coins d’une page, devaient arrêter ses turbulents voisins de dortoir qui avaient l’habitude de s’approcher sournoisement de lui pendant la sieste pour le frapper avec un oreiller sur la tête ou lui fourrer sous le nez une quelconque saloperie. Néanmoins, quelques accidents fâcheux que les sept auraient dû lui éviter lui montrèrent que cette méthode n’était pas fiable.
Viktor Pelevine
Les nombres


karantinas
